Un troisième campus IA pour Cipher Digital
Les actions de Cipher Digital (NASDAQ: CIFR) ont bondi de plus de 10 % à 16,40 $ en début de séance ce mercredi 25 mars 2026, après l'annonce simultanée d'un nouveau bail data center et d'un financement majeur. La société, qui s'est rebaptisée Cipher Digital en février 2026 après avoir opéré pendant des années sous le nom de Cipher Mining, poursuit sa mue spectaculaire d'un mineur de Bitcoin pur en un développeur d'infrastructure HPC pour les géants de l'IA.
Le nouveau bail porte sur un campus data center de calcul haute performance qui sera développé sur l'un des sites existants de Cipher. Le contrat lie la société à un client hyperscale de qualité investment-grade pour une durée initiale de 15 ans. Le nom du locataire n'a pas été dévoilé, mais le profil investment-grade et la durée du bail suggèrent un acteur majeur du cloud ou de l'IA.
« Cet accord pour notre troisième grand campus IA renforce la position de Cipher en tant que partenaire de confiance pour développer une infrastructure data center HPC de haute qualité pour les entreprises leaders mondiales. »
— Tyler Page, CEO de Cipher Digital
200 millions de dollars de crédit syndiqué par Morgan Stanley
Parallèlement au bail, Cipher a annoncé la clôture d'une ligne de crédit revolving de 200 millions de dollars, assortie d'une option d'extension (accordion) de 50 millions supplémentaires. La facilité, non tirée à la clôture, arrive à maturité en mars 2030 et est indexée sur le SOFR (Secured Overnight Financing Rate), offrant à Cipher une source de capital flexible pour financer sa croissance.
Le syndicat bancaire illustre la crédibilité institutionnelle croissante de la société. Morgan Stanley agit comme arrangeur principal et agent administratif, accompagné de Goldman Sachs, JPMorgan Chase, Banco Santander, Sumitomo Mitsui Banking Corporation (SMBC) et Wells Fargo. La présence de ces six institutions bancaires de premier plan marque un changement de statut pour un acteur né dans le minage crypto.
« Cette transaction est la première facilité de crédit revolving syndiquée de Cipher et représente une étape majeure dans l'évolution de notre structure de capital. Elle reflète la confiance croissante des institutions financières de premier rang dans notre stratégie à long terme. »
— Greg Mumford, CFO de Cipher Digital
De Cipher Mining à Cipher Digital : la métamorphose
Cipher Digital est l'un des exemples les plus aboutis de la vague de reconversion qui touche les mineurs de Bitcoin vers l'infrastructure IA. La société a officiellement abandonné le nom Cipher Mining en février 2026 pour adopter l'identité Cipher Digital, signalant que son modèle économique n'est plus centré sur le minage de cryptomonnaies mais sur le développement de data centers pour le calcul haute performance.
| Bail | Locataire | Capacité | Durée | Revenus contractés |
|---|---|---|---|---|
| Bail 1 - Black Pearl | Amazon Web Services | 300 MW | 15 ans | ~5,5 Mds $ |
| Bail 2 - Barber Lake | Fluidstack / Google | 300 MW | 10 ans | ~3,8 Mds $ |
| Bail 3 - Site existant | Hyperscaler non dévoilé | — | 15 ans | Non communiqué |
| Total contracté (baux 1 & 2) | — | 600 MW | — | ~9,3 Mds $ |
Les deux premiers baux, signés en novembre 2025, représentaient déjà à eux seuls 600 MW de capacité brute et environ 9,3 milliards de dollars de revenus contractés sur la durée initiale des contrats. Le bail avec AWS pour le campus Black Pearl au Texas est garanti par Amazon sur le loyer de base et les charges, avec une marge NOI (Net Operating Income) proche de 100 %. Celui avec Fluidstack/Google pour Barber Lake offre une marge NOI de 86 %, avec une garantie de Google plafonnée à 1,73 milliard de dollars.
Pour financer la construction de ces deux premiers campus, Cipher a levé 3,73 milliards de dollars via trois émissions d'obligations senior sécurisées : 2 milliards à 6,125 % pour Black Pearl et 1,4 milliard à 7,125 % pour Barber Lake, finançant intégralement les deux projets. Le troisième bail annoncé aujourd'hui complète ce portefeuille en ajoutant un campus supplémentaire au pipeline.
Cipher Digital prévoit de quitter totalement le minage de Bitcoin d'ici fin 2026. La société détenait encore environ 1 166 BTC au 20 février 2026 et compte les monétiser de manière opportuniste, sans investir davantage dans le minage. En février, elle a cédé sa participation de 49 % dans trois sites de minage au Texas à Canaan pour environ 40 millions de dollars en actions, tout en continuant à repositionner ses sites vers des charges de travail IA. Cipher conservera une exposition optimisée au minage Bitcoin de manière « capital-light », sans que cela ne constitue plus son cœur de métier.
Un pipeline de 3,4 GW tourné vers l'avenir
Au-delà des trois campus déjà sous bail, Cipher dispose d'un pipeline de développement de 3,4 GW fortement orienté vers le HPC. Parmi les projets les plus avancés, le site Stingray (100 MW) a reçu son approbation d'interconnexion et devrait être mis sous tension au Q4 2026. Le site Reveille (70 MW) et le site Ulysses (200 MW), récemment acquis dans l'Ohio pour diversifier la présence géographique au-delà du Texas, visent une mise en service en 2027.
En termes de cash-flows, les deux premiers campus devraient générer un NOI annualisé moyen d'environ 669 millions de dollars entre octobre 2026 et septembre 2036, avec une projection de croissance à environ 754 millions de dollars de NOI annuel d'ici 2035. Ce modèle de revenus contractés sur longue durée, avec des marges élevées et des locataires de premier ordre, contraste radicalement avec la volatilité des revenus de minage crypto.
Un mouvement de fond dans le minage crypto
Cipher Digital n'est pas un cas isolé. Plusieurs anciens mineurs de Bitcoin opèrent des pivots similaires vers l'infrastructure IA, poussés par la convergence de deux forces avec la compression des marges du minage après le halving de 2024 et l'explosion de la demande en capacité de calcul pour l'entraînement et l'inférence des modèles d'IA. Core Scientific, qui a envisagé de vendre l'intégralité de ses Bitcoins pour financer sa transition IA, Bitfarms (rebaptisé Keel Infrastructure) et Cango ont tous emprunté des trajectoires comparables.