Une levée de fonds massive pour accélérer sur l’IA
TeraWulf, connu pour ses activités de minage de Bitcoin, accélère sa mutation vers l’informatique haute performance (HPC) et l’intelligence artificielle. La société a annoncé le 14 avril une offre d’actions d’un montant total de 900 millions de dollars, soit 100 millions de plus que l’objectif initial de 800 millions. Au total, 47,4 millions d’actions ont été proposées au prix unitaire de 19 dollars.
Les fonds levés serviront principalement à financer la construction d’un campus de centres de données à Hawesville, dans le Kentucky. Ce site est destiné à accueillir des charges de travail liées à l’IA et au HPC, un segment en pleine explosion où TeraWulf entend se positionner comme un acteur clé. Une partie des fonds servira également à rembourser intégralement les montants dus au titre de sa facilité de crédit relais.
Réaction contrastée du marché
Malgré l’ampleur de l’opération, la réaction du marché a été négative. L’action WULF a chuté d’environ 6 % dans les échanges de pré-marché, tombant à 19,70 $ après avoir clôturé la séance précédente à 20,95 $ (en hausse de 7,7 % ce jour-là). Ce mouvement classique de dilution inquiète les actionnaires existants, même si l’opération est perçue comme nécessaire pour financer la croissance future.
Sur les six derniers mois, l’action TeraWulf affiche tout de même une progression d’environ 18 %, signe que les investisseurs croient au potentiel de l’entreprise malgré la volatilité récente.
“Nous entamons une transition vers des revenus à long terme, adossés à du crédit de qualité”, a déclaré Patrick Fleury, directeur financier de TeraWulf. “Plus de la moitié de nos revenus du premier trimestre proviennent déjà de l’hébergement HPC, et des capacités supplémentaires seront mises en ligne tout au long de l’année.”
Des résultats préliminaires encourageants
En parallèle de l’annonce, TeraWulf a publié ses résultats préliminaires pour le premier trimestre clos le 31 mars. Le chiffre d’affaires attendu se situe entre 30 et 35 millions de dollars, avec un EBITDA ajusté allant jusqu’à 3 millions de dollars. Ces chiffres sont proches de l’équilibre, une performance remarquable pour une entreprise qui investit massivement dans de nouveaux actifs.
La société a également fait état d’une trésorerie importante : 3,1 milliards de dollars en cash, équivalents de cash et cash restreint au 31 mars. Toutefois, la dette totale atteint 5,8 milliards de dollars, dont 2,5 milliards d’obligations convertibles chez TeraWulf, 3,2 milliards de titres garantis de premier rang chez WULF Compute LLC, et 100 millions de prêts relais à tirage différé au niveau de ses filiales du Kentucky.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Chiffre d’affaires T1 (est.) | 30 - 35 M$ |
| EBITDA ajusté T1 (est.) | Jusqu’à 3 M$ |
| Trésorerie (au 31 mars) | 3,1 Mds $ |
| Dette totale | 5,8 Mds $ |
| Dont obligations convertibles TeraWulf | 2,5 Mds $ |
| Dont titres garantis WULF Compute | 3,2 Mds $ |
| Dont prêts relais Kentucky | 100 M$ |
Le virage stratégique des mineurs de Bitcoin vers l’IA
TeraWulf n’est pas le seul mineur à opérer ce pivot. Face à la pression sur les marges du minage (halving, difficulté croissante, prix de l’électricité), de nombreux acteurs historiques se tournent vers l’hébergement de calculs HPC et IA. Ces charges de travail exigent des infrastructures similaires (électricité, refroidissement, connectivité) mais offrent des revenus plus stables et souvent plus rémunérateurs que le simple minage.
L’enjeu pour TeraWulf est désormais de mener à bien la construction de son campus du Kentucky sans dépasser les coûts, tout en gérant un endettement important. La levée de fonds de 900 M$ apporte une bouffée d’oxygène, mais la rentabilité opérationnelle devra s’améliorer rapidement pour rassurer les marchés.
Le campus de centres de données de Hawesville est conçu pour accueillir des charges de travail d’intelligence artificielle et de calcul haute performance. Il bénéficie d’un accès à l’électricité à bas coût, atout historique de TeraWulf pour le minage. La construction est financée par la récente levée de fonds, et les premiers revenus HPC sont déjà visibles (plus de 50% du CA du T1). L’objectif est de faire de ce site un hub majeur pour l’IA dans la région.
Rôle des banques d’affaires
L’opération est menée par Morgan Stanley en tant que lead bookrunning manager, tandis que Cantor Fitzgerald agit comme conseiller en capitaux propres. Les preneurs fermes disposent d’une option de 30 jours pour acheter 7,11 millions d’actions supplémentaires au prix de l’offre. La clôture est attendue pour le 16 avril 2026.
Cette levée de fonds de grande ampleur témoigne de l’appétit des investisseurs institutionnels pour les infrastructures IA, même lorsqu’elles sont portées par des acteurs issus du secteur crypto. Reste à savoir si TeraWulf parviendra à exécuter son plan sans nouvelles dilutions, et si le marché finira par valoriser correctement ce virage stratégique.