Une peine de quatre à douze ans de prison

Ronald Spektor, un résident de Brooklyn, a été condamné à une peine comprise entre quatre et douze ans de prison dans une affaire de fraude crypto visant des utilisateurs de Coinbase.

Selon le bureau du procureur de Brooklyn, Spektor avait plaidé coupable le 2 septembre à un acte d'accusation comportant 31 chefs, dont blanchiment d'argent au premier degré, grand larceny au premier degré et possession criminelle de biens volés au premier degré.

Le parquet avait demandé une peine de sept à vingt et un ans, mais l'accord de plaidoyer prévoyait la peine finalement prononcée.

Le dossier repose sur une opération de social engineering menée sur environ un an, au cours de laquelle les victimes étaient amenées à croire qu'elles protégeaient leurs actifs alors qu'elles les transféraient vers des wallets accessibles au fraudeur.

Près de 16 millions de dollars dérobés

Les procureurs estiment que le stratagème a entraîné 15,944 millions de dollars de pertes.

Environ 100 utilisateurs Coinbase répartis à travers les États-Unis auraient été touchés, avec des profils très différents.

Certaines victimes ont perdu un million de dollars ou davantage.

Affaire Ronald Spektor : les principaux chiffres
ÉlémentDétail
PrévenuRonald Spektor.
LieuBrooklyn, New York.
Peine4 à 12 ans de prison.
Plaidoyer de culpabilité2 septembre 2026.
Nombre de chefs31.
Pertes estimées15,944 M$.
VictimesEnviron 100 utilisateurs Coinbase.
RestitutionPrès de 16 M$.
ConfiscationPlus de 500 000 $ en cash, crypto et biens personnels.

Un faux représentant Coinbase au coeur du stratagème

Le mécanisme décrit par les procureurs reposait principalement sur l'usurpation d'identité et la manipulation psychologique.

Spektor se présentait comme un représentant de Coinbase et expliquait aux utilisateurs que leurs avoirs étaient menacés par un hacker.

Il les persuadait ensuite de déplacer leurs cryptomonnaies vers un nouveau wallet qu'ils croyaient contrôler eux-mêmes.

En réalité, Spektor disposait d'un accès aux wallets utilisés pour recevoir les fonds.

Qu'est-ce que le social engineering ?

Le social engineering consiste à manipuler une personne pour obtenir une action, une information ou un transfert qu'elle n'aurait pas réalisé autrement. Dans la crypto, les fraudeurs peuvent se faire passer pour un exchange, une banque, un support client ou un service de sécurité afin de pousser la victime à révéler des informations sensibles ou à déplacer ses actifs.

Les fonds auraient ensuite été blanchis

Les procureurs indiquent que les actifs volés étaient ensuite échangés à plusieurs reprises via différentes plateformes crypto.

Les fonds étaient progressivement consolidés vers des points de sortie permettant leur conversion vers d'autres cryptomonnaies, des espèces, des paris, des cartes cadeaux ou d'autres actifs numériques.

Cette succession de transactions visait à rendre plus difficile le suivi des fonds.

L'analyse blockchain a joué un rôle dans l'enquête

Les enquêteurs ont relié Spektor au stratagème grâce à plusieurs catégories d'éléments.

Le dossier mentionne notamment les historiques de transactions, l'analyse blockchain, la criminalistique numérique et les résultats de plusieurs mandats de perquisition.

Selon le parquet, l'adresse IP de son domicile a également été reliée à plusieurs wallets depuis lesquels des cryptomonnaies avaient été dérobées.

Plus de 500 000 dollars d'actifs confisqués

En plus de sa peine de prison, Spektor doit abandonner des espèces, des cryptomonnaies et des biens personnels représentant plus de 500 000 dollars.

Il a aussi été condamné à verser près de 16 millions de dollars de restitution.

Ces montants correspondent à la volonté des autorités de récupérer une partie des fonds et de compenser les pertes subies par les victimes.

Coinbase n'est pas accusée d'avoir été piratée dans cette affaire

Le dossier décrit une fraude par impersonation et manipulation des clients, et non une compromission technique de l'exchange Coinbase.

Cette distinction est importante car les victimes ont elles-mêmes initié les transferts après avoir été trompées par le faux représentant.

Les fraudeurs exploitent ainsi davantage la confiance accordée à une marque connue que ses systèmes informatiques.

Les utilisateurs crypto restent des cibles privilégiées

Les comptes crypto sont particulièrement attractifs pour les fraudeurs car les transferts peuvent être rapides, internationaux et difficiles à annuler une fois confirmés.

Les criminels adaptent donc leurs scénarios en utilisant appels, SMS, emails, faux sites ou faux agents de support.

Les détenteurs d'actifs numériques doivent vérifier toute demande urgente de transfert via les canaux officiels de la plateforme.

Une autre affaire Coinbase avait marqué 2025

Coinbase avait révélé l'année précédente que des criminels avaient recruté ou corrompu certains agents de support à l'étranger afin d'obtenir des données clients utilisées ensuite dans des attaques de social engineering.

L'entreprise avait indiqué que cet incident concernait moins de 1 % de ses utilisateurs réalisant des transactions mensuelles.

Coinbase précisait alors que les mots de passe, clés privées et fonds des clients n'avaient pas été directement exposés.

La lutte contre les arnaques crypto s'appuie de plus en plus sur l'onchain

L'affaire Spektor montre aussi que la transparence des blockchains peut devenir un outil d'enquête.

Même lorsque les fraudeurs déplacent les actifs entre plusieurs plateformes et wallets, les transactions publiques peuvent laisser des traces exploitables.

La combinaison entre analyse onchain, données de plateformes et preuves numériques traditionnelles devient un élément récurrent des enquêtes financières liées aux cryptomonnaies.

Une condamnation devenue définitive après le plaidoyer de culpabilité

Contrairement à une affaire encore au stade des accusations, Ronald Spektor a ici plaidé coupable avant le prononcé de la peine.

Les éléments centraux de l'affaire ne sont donc plus de simples allégations contestant une culpabilité devant un jury.

La décision prononcée fixe désormais une peine de quatre à douze ans, assortie de restitution et de confiscation d'actifs.

Note éditoriale : cet article synthétise les informations publiées par The Block et le bureau du procureur de Brooklyn le 24 septembre 2026. Ronald Spektor a plaidé coupable avant sa condamnation. Coinbase n'est pas présentée comme l'auteur ni comme la victime d'un piratage de ses systèmes dans ce dossier, mais comme la marque usurpée pour tromper des utilisateurs. Cet article ne constitue pas un conseil financier ou juridique.