Seulement 10 % de chances avant les élections de mi-mandat

Le calendrier devient critique pour le CLARITY Act. Interrogé lors du Wyoming Blockchain Symposium 2026, Miller Whitehouse-Levine, CEO du Solana Policy Institute, a estimé à environ 10 % les chances de voir le texte devenir loi avant les élections américaines de mi-mandat de novembre.

Cette estimation est particulièrement pessimiste alors que le Sénat travaille sur le projet depuis plus d'un an.

Whitehouse-Levine estime que le temps disponible au cours de cette session du Congrès se réduit rapidement, ce qui rend chaque nouvelle étape procédurale plus difficile.

Le CEO du Solana Policy Institute dit rester optimiste sur le principe, mais réaliste sur les chances de voir le texte franchir toutes les étapes nécessaires à temps.

Un texte coincé dans le "purgatoire" de la pause d'août

Whitehouse-Levine décrit la situation actuelle comme un "August recess purgatory".

La pause estivale du Congrès ralentit mécaniquement le calendrier législatif, alors qu'il reste encore plusieurs votes et négociations à mener.

Le responsable souligne que la motion de procédure attendue ne serait que la première d'une série d'étapes nécessaires avant une éventuelle adoption finale.

CLARITY Act : les probabilités et obstacles clés
IndicateurDétail
Probabilité estimée avant les midtermsEnviron 10 % selon Miller Whitehouse-Levine.
Probabilité Polymarket d'ici fin 202621 %.
Probabilité Kalshi d'ici fin 202623 %.
Durée de travail du Sénat sur le textePlus d'un an.
Obstacle bancaire majeurDispositions sur les rendements des stablecoins.
Autres acteurs impliquésSociétés de titres, acteurs des dérivés, banques et responsables politiques.
Position du Solana Policy InstituteAccélérer l'action réglementaire si le Congrès n'aboutit pas.

Les marchés de prédiction sont un peu moins pessimistes

Les traders de Polymarket et Kalshi affichent une probabilité légèrement supérieure à celle donnée par Whitehouse-Levine.

Polymarket valorise à environ 21 % la probabilité que le CLARITY Act soit signé avant la fin de l'année 2026, tandis que Kalshi se situe autour de 23 %.

Sur Kalshi, cette probabilité était encore proche de 50 % moins d'un mois auparavant, ce qui montre une détérioration rapide des anticipations.

Pourquoi le calendrier du Congrès est-il si important ?

Un texte complexe doit franchir plusieurs étapes procédurales avant de devenir loi. Lorsqu'une session du Congrès approche de sa fin, chaque retard réduit le temps disponible pour les votes, amendements, compromis entre chambres et éventuelle signature présidentielle. Une élection de mi-mandat peut aussi modifier l'équilibre politique et obliger les négociateurs à reprendre une partie du travail.

Plus d'intérêts en jeu, donc plus de difficultés

Whitehouse-Levine estime que le CLARITY Act est devenu plus difficile à faire adopter à mesure que davantage d'institutions traditionnelles ont compris l'importance du texte.

Selon lui, les banques, sociétés de titres et acteurs des dérivés sont désormais beaucoup plus impliqués dans les négociations.

Chaque groupe cherche à éviter que les nouvelles règles ne désavantagent son propre modèle économique.

Les banques contestent le rendement des stablecoins

L'un des points les plus sensibles concerne les dispositions autour des rendements proposés sur certains stablecoins.

Les banques et grands prêteurs craignent que des produits numériques rémunérés concurrencent directement les dépôts bancaires traditionnels.

Ce débat ajoute une couche supplémentaire à un texte qui cherche déjà à clarifier la frontière réglementaire entre titres financiers, matières premières et autres actifs numériques.

Les sociétés de titres et de dérivés défendent aussi leurs intérêts

Les institutions financières ne partagent pas toutes les mêmes priorités.

Les sociétés de titres s'intéressent notamment aux conditions qui détermineraient quels actifs doivent relever du régime des securities.

Les acteurs des dérivés surveillent de leur côté les dispositions susceptibles de modifier l'activité des marchés à terme, swaps et autres produits financiers liés aux cryptoactifs.

Cette multiplication des intérêts rend le compromis politique plus difficile.

Le président complique également l'équation politique

Whitehouse-Levine estime aussi que l'implication du président dans les cryptoactifs ajoute des complications politiques pour les démocrates.

Le texte n'est donc plus seulement un débat technique sur la structure de marché.

Il s'inscrit dans un environnement politique plus large où les enjeux liés aux actifs numériques peuvent se retrouver associés aux divisions partisanes.

Une sixième tentative de législation sur la structure de marché

Selon Whitehouse-Levine, il s'agirait environ de la sixième tentative importante de faire avancer une législation américaine sur la structure du marché crypto.

Cette répétition montre la difficulté à obtenir un cadre fédéral durable malgré plusieurs années de débats.

Chaque nouvelle tentative s'appuie sur le travail précédent, mais doit aussi intégrer de nouveaux intérêts et de nouvelles réalités économiques.

Des dizaines de milliers d'heures déjà investies

Le CEO du Solana Policy Institute insiste sur le coût d'opportunité que représenterait un nouvel échec.

Selon lui, les membres du Congrès et leurs équipes ont déjà consacré des dizaines de milliers d'heures à la préparation et à la négociation de ce texte.

Une absence d'adoption signifierait qu'une grande partie de ce travail devra potentiellement être reprise lors d'une future session.

Le Solana Policy Institute perd confiance dans le Congrès

Whitehouse-Levine dit que son espoir de voir le Congrès aboutir diminue.

Cette situation pousse le Solana Policy Institute à se concentrer davantage sur les actions qui peuvent être entreprises directement par les agences de régulation.

Le message est clair : l'industrie ne peut plus uniquement attendre une grande loi fédérale pour obtenir davantage de clarté.

La SEC commence déjà à avancer

Cette stratégie coïncide avec plusieurs initiatives réglementaires en cours.

La Securities and Exchange Commission a proposé un cadre baptisé Regulation Crypto Assets comprenant notamment des exemptions à certaines obligations d'enregistrement pour les actifs numériques.

Pour les défenseurs d'une réglementation plus claire, ces initiatives peuvent apporter des solutions partielles même en l'absence d'une loi globale votée par le Congrès.

Le Solana Policy Institute veut davantage de voies réglementaires

L'organisation souhaite notamment des mécanismes réglementaires plus clairs pour les levées de fonds en tokens.

Elle demande aussi des exemptions permettant à davantage de titres financiers et de produits dérivés d'être négociés directement onchain aux États-Unis.

L'objectif est de permettre à l'innovation blockchain de se développer sans attendre plusieurs années supplémentaires de négociations législatives.

Le temps devient le principal adversaire du CLARITY Act

Le problème du CLARITY Act n'est donc pas nécessairement l'absence totale de soutien.

Le principal risque est que la combinaison de la pause d'août, des intérêts divergents et de l'approche des élections rende impossible la finalisation du texte dans les délais.

Chaque semaine de retard augmente la probabilité que les négociations soient repoussées après les midterms.

Une adoption après les midterms reste possible

L'estimation de 10 % donnée par Whitehouse-Levine concerne spécifiquement une adoption avant les élections de novembre.

Elle ne signifie pas que le CLARITY Act n'a aucune chance d'être adopté plus tard.

Les marchés de prédiction attribuent encore une probabilité d'environ 20 % à une signature avant la fin de 2026, ce qui laisse théoriquement une fenêtre après les élections.

Un enjeu majeur pour tout le secteur crypto américain

Le CLARITY Act doit contribuer à clarifier la structure réglementaire du marché des actifs numériques aux États-Unis.

Son adoption pourrait réduire l'incertitude autour du statut juridique de certains tokens et de la répartition des compétences entre les différentes agences fédérales.

Son échec prolongerait au contraire une situation dans laquelle les entreprises doivent composer avec plusieurs cadres réglementaires et décisions jurisprudentielles parfois difficiles à concilier.

Les régulateurs pourraient devenir les principaux acteurs

Si le Congrès n'aboutit pas, la SEC, la CFTC et d'autres agences pourraient jouer un rôle encore plus important dans la définition du cadre américain.

Cette voie peut être plus rapide, mais elle est aussi potentiellement moins stable qu'une loi votée par le Congrès, car les règles administratives peuvent être contestées devant les tribunaux ou modifiées par de futures administrations.

Le débat oppose donc vitesse réglementaire et stabilité législative.

Une course contre la montre pour la régulation crypto

Le diagnostic de Miller Whitehouse-Levine résume la situation : le CLARITY Act reste possible, mais la fenêtre politique se referme rapidement.

Avec seulement 10 % de chances estimées avant les midterms et des marchés de prédiction eux-mêmes devenus nettement plus pessimistes, le secteur se prépare à l'hypothèse d'un nouveau retard.

Le Solana Policy Institute semble désormais considérer que les prochaines avancées pourraient venir autant des régulateurs que du Congrès.

Note éditoriale : cet article synthétise les déclarations de Miller Whitehouse-Levine rapportées par The Block ainsi que les probabilités affichées sur Polymarket et Kalshi au moment de la publication. L'estimation de 10 % constitue l'opinion du CEO du Solana Policy Institute et non une probabilité officielle. Les chances affichées par les marchés de prédiction peuvent évoluer rapidement. Cet article ne constitue pas un conseil juridique, politique ou financier.